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Mises en scènes de Claire Laurentie avec l'ACTIF

1999 La Cruche Courteline
2000 La Star des Oublis Ivane daoudi
2001 La traversée de l'hiver Yasmina Reza
2002 L'autre Don Juan Eduardo Manet

 


La Cruche 

de G.Courteline

Mise en scène C.Laurentie et C.Minier

avec Dominique Chevrinais - Nadine Corvest - François Fenaux - Claude Minier Pierre Sarreau - Raymonde Vogt

Jouée à Issy et aux festivals de  Maurecourt, Cholet et Lizy/Ourcq


La Star des Oublis

de Ivane Daoudi

avec Nadine Corvest et Françoise Pigout

Un cinéma quasi désert, du silence, dehors la pluie. Après la projection de Shangaï Express deux femmes s'oublient dans leur fauteuil. L'une avance vers l'autre. La conversation s'engage, tissant un lien qui balaie le quotidien. Devant l'écran vide, un nouveau film, le scènario s'y écrit comme on joue à la marelle...un coup en enfer...un coup au ciel.

Jouée à Issy, à Bruxelles, et aux festivals de Sartrouville, Maurecourt et Cholet

A Sartrouville : Prix spécial du Jury et prix d'interprétation féminine à Françoise Pigout  -  Mention à Cholet

Quelques mots sur les "Intentions" autour de "La Star des Oublis"

La compagnie ACTIF s'attache principalement à faire découvrir des textes contemporains. Il en existe beaucoup, mais le théâtre amateur se distingue du théâtre professionnel par un aspect essentiel : le vivier de comédiens à sa disposition. Notre compagnie choisit un texte auquel elle est sensible avec pour ligne directrice : quels comédiens pour ce texte ? Le choix de "La Star des Oublis" répondait à ces questions : le texte contemporain proposait une écriture vive et originale et deux comédiennes de la compagnie correspondaient aux personnages et étaient prêtes pour l'aventure.

L'élaboration de mise en scène s'est faite à partir de trois approches distinctes du texte : une lecture découverte où les comédiennes se sont donné la réplique autour d'une table. Ensuite une lecture impulsive, jouée de manière instinctive, lors des premières répétitions texte en main. Lors de ces lectures les comédiennes ont travaillé sur leur ressenti avec très peu d'indications. La troisième approche a été celle de l'analyse du texte. "La Star des oublis" pose une question dès de la première lecture : pourquoi Cherry assassine-t-elle Ada ? Question dont la réponse réside dans le texte sous la forme d'une réplique de Cherry prononcée vers la fin de la pièce lorsqu'elle parle de son rapport amoureux à l'autre "Tu crois que cela te sert d'aimer…tu es ficelée et puis tu es malheureuse... alors que si tu tue quelqu'un que tu aimes…tu te sens mieux"

On interprète alors l'assassinat de Ada comme l'échec de la tentative de Cherry d'aboutir dans son rapport amoureux et sexuel. Il s'agit d'essayer d'aller plus loin vers l'autre, vers soi même pour Cherry comme pour Ada et cela dans un contexte de rapport impossible : le rapport homosexuel qui pourrait s'apparenter également au problème du double (homo : semblable), et/ou de la rencontre avec la mort : Cherry est en blanc, Ada en noir. L'une est "vivante", l'autre "fatiguée" etc…

Ivane Daoudi à accordé dans ses dialogues et dans la construction de la pièce une grande place à la symbolique : le choix des prénoms, le voyage en bateau (lieu transitoire entre la vie et la mort), la blancheur de la robe (pureté), la bière (boisson des morts), le whisky sour (doux/amer), les chaussures, le lit ….une symbolique renvoyant à la sexualité et à la mort. Cette lecture du texte ce que nous avons appelé le "sous texte" a été présentée aux comédiennes afin qu'elles puissent mieux "naviguer" dans l'histoire et dans leurs personnages. Il fallait dans cette tranche de vie très courte : la pièce se joue en temps réel pour les deux femmes, réussir à faire exister chacun des personnages. L'appropriation du texte a permis cela. Le travail de mise en scène a alors consisté à guider les comédiennes du ressenti qu'elles avaient proposé au début vers le texte et ce qu'il disait. Un sorte de "conduite forcée" d'un coté l'énergie des comédiennes, de l'autre l'interprétation du texte faite par le metteur en scène. L'attrait du texte d'Ivane Daoudi est que le mode d'échange entre les personnages est celui du jeu, du jeu auquel joueraient deux enfants :

- On dirait qu'on irait à Shangaï en bateau et on dirait tu serais malade que je t'apporterais des aspirines dans ta cabine "

         - Ah non je ne veux pas être malade, je veux m'amuser moi aussi !

Il fallait transmettre cette part d'enfance avec sa part de rêve, d'imaginaire, de naïveté et de cruauté. Le spectateur doit pouvoir "partir", profiter de ces instants en suspension .

Pour ce qui a été d'interpréter l'homosexualité latente des femmes et la névrose de Cherry le parti pris a été de travailler par touche et de façon évolutive.

L'essentiel des indications de mise en scène proposées dans le texte ont été conservées car elles allaient dans la direction du texte et de l'interprétation qui en avait été faite. Quelques indications ont été éliminées pour des raisons "pratiques". Les indications quant aux costumes ont été suivies délibérément avec une intention supplémentaire : la rigueur du noir et le flou du blanc. Le décor comprend un podium devant un écran et deux fauteuils et deux baffles : le dispositif stylisé d'un cinéma. Le podium élément essentiel du décor est le lieu du jeu de la Star, puis de la rencontre amoureuse : du bateau il devient lit. L'écran, celui devant lequel se joue l'histoire.


La Traversée de l'Hiver  

de Yasmina Réza

 avec  Dominique Chevrinais - Jacques Demarre - Fabrice Fontaine - Claude Minier - Thérèse-Marie Poreye - Lisbeth Wagner

Création les 27 et 29 janvier 2001à 20h45 et le 28 janvier 2001 à 16h00 au Théâtre Espace Icare à Issy les Moulineaux.

Jouée à Issy et au Festival de Maisons-Laffitte

A Maisons-Laffite :  Prix d'interprétation masculine à Jacques Demarre

"La Traversée de l'Hiver" est une pièce où il ne se passe rien, mais il est peut-être bon de vous dire :

Les personnages de "la Traversée de l'Hiver" en villégiature à l'hôtel de Stratten vivent une parenthèse, hors du monde, hors du temps, loin des bruits et des occupations quotidiennes. Il ne s'agit pas d'un huis clos, le monde extérieur est là, à portée de main : la ville, les montagnes, Lausanne, Paris, Buenos Aires…

La pièce se déroule sur 3 jours au cours desquels pour ces hommes et ces femmes il y a un "passage" à franchir, le passage du temps compté où ils sont ensemble et celui où ils sont seuls. Ils vont prendre conscience de ce qu'ils sont, au détour d'un souvenir ou d'une émotion qui passe et les fait basculer dans la confidence. Ils vont se révéler, à eux-mêmes et "accessoirement" aux autres. Je dis accessoirement car les personnages dans "La Traversée de l'Hiver" parcourent un chemin individuellement avec l'Autre comme Spectateur. Ariane à un moment dit à Avner "Je vous ai suivi hier dans la montagne que vous aimiez" et Avner lui répond "C'est mon dos que tu voyais". Chacun est dans sa solitude. "La Traversée de l'Hiver " pourrait avoir comme objectif de montrer comment on est seul ensemble. Mais pas nécessairement dans une solitude douloureuse, non, une solitude qui est l'évidence et avec laquelle chacun doit apprendre, à son rythme, à "faire avec".

Yasmina Reza nous offre la vision de ce petit rien qui fait que chacun existe derrière ses apparences et ses bonnes manières, elle entrebâille la porte doucement sur ce qui constitue l'essence de chaque être. Elle interpelle notre sensibilité et lève le voile sur ce qui est "caché" au fond des personnages au moyen d'une écriture dépouillée et poétique. Elle conduit les personnages à se frayer un chemin à travers les mots et les échanges avant que n'arrive leur Hiver. Cette saison "que j'ai haïe d'avance" dira Avner. Chaque personnage au début de la pièce a encore des choses à découvrir en lui. Lorsque le rideau tombera leur vérité leur aura été révélée. Doucement.

Ainsi "La Traversée de l'Hiver" est une pièce où il ne se passe rien… apparemment.


L'autre Don Juan

D'Eduardo Manet

Création les 19 et 21 janvier 2002 à 20h45 et le 20 janvier 2002 à 16h00 au Théâtre Espace Icare. 

Sous le prétexte de nous proposer une pièce de l’auteur mexicain du 17ème siècle, Juan Ruiz de Alarcon, Eduardo Manet imagine une troupe de comédiens pauvres qui tentent de jouer cette pièce dans notre monde actuel. Les rôles sont tenus par les comédiens disponibles sans tenir compte des sexes. On jongle sans cesse d’un plan à l’autre, entre le jeu et le non jeu, tout ceci compliqué encore par le fait que l’auteur s’est « invité » en tant qu’acteur !

Une comédie bouffonne à consommer sans modération !

DISTRIBUTION


Ayala Borsos - Bella / Doña Anna

Jacques Demarre - Marius / Le Comte / Le Duc

Fabrice Fontaine - Don Juan Ruiz de Alarcón

Pascal Foucher - L'autorité

Claude Minier - Pascual / Beltran / Doña Lucrèce

Thérèse-Marie Poreye - Lola / Don Mendo

Lisbeth Wagner - Eunice / Celia /Marcello

Christine Poglio - scripte / costumes